Par suite de deux trimestres de légère contraction, l’économie canadienne a crû de 0,5 % en avril, le premier mois du deuxième trimestre. Même s’il y a une possibilité de révision, c’est tout de même une bonne nouvelle, car cela réduit les chances que la récession technique se poursuive. Cette récente croissance repose en grande partie sur la force du secteur de l’énergie, tandis que le secteur manufacturier continue de subir les effets des tarifs douaniers imposés par les États-Unis. L’augmentation de la production pétrolière et gazière a aidé à atténuer le ralentissement économique, mais de nombreux économistes estiment que cette croissance est encore inégale. Les industries de l’acier, de l’aluminium et de l’automobile font face à des coûts croissants, à une perte de compétitivité et à une baisse des investissements en raison de l’incertitude commerciale. Il est certain qu’un développement durable nécessitera une économie moins dépendante du secteur énergétique et des investissements plus importants pour améliorer la productivité dans d’autres industries.
L’économie canadienne a du mal à améliorer sa productivité, ce qui freine la croissance économique et nuit à l’amélioration du niveau de vie. L’immigration a joué un rôle important dans le passé pour combler les pénuries de main-d’œuvre et soutenir la population, mais elle n’a pas permis d’accroître nettement la production par travailleur. Le véritable défi réside dans le manque d’investissements des entreprises dans les technologies, l’innovation et les équipements. Miser davantage sur ces investissements semble essentiel pour stimuler la productivité, soutenir la croissance économique et augmenter les revenus des Canadiens.
La baisse marquée de l’immigration depuis l’année dernière a brusquement ralenti le principal moteur de l’économie, ce qui a certainement des répercussions négatives sur la croissance future.
Pour aggraver la situation, l’avenir de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) est devenu plus incertain après la décision des États-Unis de ne pas renouveler l’accord dans sa forme actuelle. Bien que l’entente demeure en vigueur, elle sera désormais soumise à des examens périodiques, ce qui pourrait accroître l’incertitude pour les entreprises nord-américaines. Les négociations porteront notamment sur les tarifs douaniers, les règles d’origine, les secteurs de l’automobile et de l’agriculture, ainsi que sur les chaînes d’approvisionnement. Cette situation risque de freiner davantage les investissements et de rendre la planification des entreprises plus difficile.
Les efforts du premier ministre Mark Carney d’ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises canadiennes semblent porter fruit, car les exportations canadiennes vers les marchés autres que les États-Unis ont progressé d’environ 50 % en valeur depuis 2024, réduisant ainsi la dépendance du Canada envers son principal partenaire commercial. De plus, les grands projets d’infrastructure, tels que les terminaux, les ports et les pipelines, contribueront à cette diversification de l’économie, mais leur effet se fera sentir graduellement.
Un mot sur le rapport des prêts hypothécaires résidentiels du printemps 2026 de la SCHL
En 2025, le marché hypothécaire canadien a été principalement marqué par le renouvellement des prêts existants plutôt que par la souscription de nouvelles hypothèques pour l’achat d’une propriété. Les volumes de renouvellement devraient toutefois diminuer en 2026, bien que les emprunteurs renouvelant après un terme de cinq ans soient encore susceptibles de subir un choc lié aux taux d’intérêt comparable à celui observé en 2025. Par ailleurs, les prêts hypothécaires assurés ont gagné en importance grâce à l’assouplissement des critères d’admissibilité, facilitant ainsi l’accès à la propriété pour les premiers acheteurs et les acheteurs de logements neufs.
Les signes de vulnérabilité financière se sont accentués au cours de 2025. Le taux national des hypothèques en souffrance depuis plus de 90 jours a augmenté. On constate une hausse particulièrement marquée en Ontario, notamment dans la région de Toronto, où les ménages subissent une pression croissante sur leur capacité de remboursement. Malgré cette progression, les taux de délinquance hypothécaire demeurent faibles. Les retards de paiement sur les autres formes de crédit, notamment les prêts automobiles, souvent considérés comme un indicateur précurseur des défauts hypothécaires, continuent également d’augmenter, mais à un rythme plus modéré.
En décembre 2025, l’encours de la dette hypothécaire résidentielle au Canada a dépassé 2,4 billions de dollars, établissant un nouveau sommet. Dans l’ensemble, les ménages font face à des pressions financières accrues en raison du ralentissement du marché du travail et des effets persistants des taux d’intérêt élevés. Bien que les emprunteurs soient désormais plus sensibles aux variations des taux, le système hypothécaire canadien demeure globalement solide et résilient.
Au cours des prochaines années, l’évolution du marché hypothécaire résidentiel canadien dépendra principalement de deux facteurs. D’une part, les nombreux renouvellements de prêts hypothécaires prévus en 2026 et 2027 pourraient accroître les pressions financières sur les ménages qui devront composer avec de nouveaux taux d’intérêt. D’autre part, les conditions du marché du travail demeureront déterminantes, puisque la détérioration de l’emploi est étroitement liée à une augmentation des retards de paiement et des défauts hypothécaires.
Qu’en est-il avec les 3 hausses grandement anticipées?
Comme nous l’avons expliqué dans notre plus récent billet de blogue Faut-il craindre une nouvelle hausse des taux d’intérêt ?, blogue, nous estimons que ces inquiétudes sont exagérées. La Banque du Canada (BdC) se trouve actuellement dans une phase de gestion des risques, et nous ne croyons pas que de nouvelles hausses de taux soient nécessaires à court terme. De plus, avec la désescalade du conflit en Iran, l’inflation semble avoir atteint son sommet. Dans un contexte où le marché du travail demeure fragile, il serait peu justifié d’ajouter une pression supplémentaire sur une économie déjà vulnérable.
Doit-on continuer de privilégier le taux variable?
Présentement, les taux variables sont environ à 0,50 % et 0,70 % moins cher que les taux fixes. Même si la BdC haussait le taux directeur à deux reprises, le taux variable ne dépasserait pas le taux fixe. Le coût d’opportunité associé au choix du taux variable demeure donc relativement faible comparativement aux gains potentiels si le scénario de récession se concrétise.
Dans ce contexte, le taux variable demeure, selon nous, l’option la plus avantageuse. Cette approche ne convient toutefois pas à tous les emprunteurs : une analyse rigoureuse du profil de risque et de la tolérance à la volatilité demeure essentielle avant toute décision. Pour ceux qui recherchent avant tout une plus grande stabilité, le taux fixe sur trois ans offre un compromis raisonnable pour traverser cette phase d’incertitude économique.
Faites donc appel à un courtier hypothécaire afin de vous assurer que votre client bénéficie du meilleur programme disponible sur le marché.
La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, en mesure d’accompagner son client et de lui faire pleinement comprendre les conséquences de ses choix financiers. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?