Une photo d'un bâtiment de la Banque Nationale.
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Le patron de la Banque Nationale veut que le fédéral nomme un responsable de la déréglementation pour réduire la paperasserie.

« Le Canada doit envisager de nommer un chef de la déréglementation non partisan afin d’identifier et recommander qu’on enlève les formalités administratives improductives », a plaidé Laurent Ferreira, mercredi, dans son mot d’introduction avant de présenter les résultats financiers de l’institution financière montréalaise en conférence téléphonique.

Le président et chef de la direction de la Banque Nationale a également suggéré de réduire l’imposition sur le gain en capital pour les entrepreneurs, de favoriser l’achat local par le gouvernement fédéral avec un « Buy Canada Act » et d’augmenter les dépenses en défense.

« Il y a eu un important déclin dans notre productivité et notre PIB par habitant, déplore M. Ferreira. Les entreprises canadiennes composent avec une réglementation et une surveillance excessives. Dans ce contexte, nous faisons face à une administration américaine qui est favorable au milieu des affaires et a un agenda protectionniste. »

Le banquier avait déjà partagé ses inquiétudes sur le recul de la performance économique du Canada en janvier lors d’un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Il avait identifié la baisse de la productivité au Canada, le manque d’investissements en recherche et développement, le déclin des investissements dans le secteur manufacturier et la trop lourde réglementation comme des tendances inquiétantes.

Il n’est pas le seul à faire ce plaidoyer contre le fardeau administratif des entreprises. La semaine dernière, le président-directeur général d’Hydro-Québec, Michael Sabia, avait lui aussi fait un plaidoyer en ce sens pour accélérer les projets, lors d’un passage devant le Cercle canadien de Montréal.

Des provisions plus grandes que prévu

Dans un contexte économique incertain, la Banque Nationale a augmenté ses provisions pour pertes au premier trimestre terminé le 31 janvier. « La hausse s’explique par l’incertitude que nous observons, commente le chef de la gestion des risques, Jean-Sébastien Grisé. On ne sait vraiment pas de quoi les droits de douane auront l’air. »

Cette précaution n’est pas surprenante, tandis que d’autres banques canadiennes et le Mouvement Desjardins ont récemment mis plus d’argent de côté en cas de pertes de crédit en raison du contexte économique.

Le montant des provisions pour pertes, qui atteignent 254 millions de dollars (M$), est toutefois supérieur au consensus des analystes à 193 M$, selon une recension faite par RBC Marchés des capitaux.

Malgré un bénéfice meilleur qu’attendu, l’analyste Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, juge que les résultats du premier trimestre sont décevants. « Le bénéfice était plus fort que nos prévisions, mais la qualité du crédit s’est détériorée et nous n’avons pas encore vu les impacts potentiels des droits de douane. »

L’intégration de CWB

Il s’agit des premiers résultats financiers de la Banque Nationale depuis qu’elle a finalisé l’acquisition de la Canadian Western Bank (CWB) au début du mois de février.

La Nationale est en train d’intégrer les employés de la banque régionale de l’Ouest. Le transfert des clients se fera « par vagues » à partir de l’été 2025 jusqu’au début de l’année 2026.

La direction de la Banque Nationale estime que le potentiel de synergies entre les deux institutions est de 270 M$. Elle croit pouvoir réaliser 135 M$ d’économie d’ici un an.

La Banque Nationale a dévoilé, plus tôt mercredi, ses résultats du premier trimestre. Elle a fait part d’un bénéfice de 997 M$, une augmentation de 8 % par rapport à la même période l’an dernier. Le bénéfice ajusté dilué par action s’est établi à 2,93 $.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 2,65 $, selon la firme de données financières Refinitiv.

L’action de la Banque Nationale perd 6,60 $, ou 5,18 %, à 120,84 $ à la Bourse de Toronto en fin d’après-midi.