L’AIMA a récemment publié son rapport sur le sentiment des allocataires d’actifs pour le premier semestre 2026, intitulé Beyond the Hunt (« Au-delà de la chasse »), en partenariat avec Hedgeweek. Basé sur une enquête menée auprès de plus de 100 allocataires mondiaux, comprenant des fonds de pension, des fonds souverains, des family offices et des fonds de dotation, le rapport révèle un changement notable dans le sentiment des investisseurs.
Alors que dans l’enquête du deuxième semestre 2025 réalisée il y a six mois, 40 % des allocataires de fonds spéculatifs recherchaient activement de nouveaux gestionnaires, ce chiffre est désormais tombé à 18 %. Au contraire, un sentiment de patience s’est installé, 47 % des allocateurs privilégiant une approche équilibrée entre les relations nouvelles et existantes, axée sur l’optimisation du portefeuille plutôt que sur une reconstruction complète.
Voici les principales conclusions de l’enquête :
- Calme après l’agressivité
La confiance des allocataires dans les fonds spéculatifs augmente, 71 % d’entre eux se déclarant confiants ou très confiants dans leurs performances pour les six prochains mois. Cependant, cette confiance ne s’est pas traduite par une expansion agressive, puisque 59 % prévoient de maintenir leurs allocations inchangées (contre 39 % il y a six mois). Le secteur est passé d’un mode de recherche à un mode axé sur l’extraction de valeur à partir des positions existantes.
- Consolidation stratégique
La grande chasse aux gestionnaires est-elle terminée pour l’instant ? Le pourcentage d’investisseurs recherchant principalement une allocation à de nouveaux gestionnaires est passé de 40 % à 18 %, tandis que ceux qui adoptent une approche plus équilibrée entre les relations nouvelles et existantes ont presque doublé, passant de 25 % à 47 %. Cette évolution suggère un changement d’orientation des allocataires, qui privilégient désormais l’optimisation plutôt que l’exploration.
- La gestion des risques prime sur les rendements
Les motivations pour allouer des actifs à des fonds spéculatifs ont considérablement évolué au cours des six derniers mois. La diversification (76 %) et les rendements non corrélés (68 %) dominent désormais la prise de décision, tandis que les « rendements attendus plus élevés » ont reculé de 56 % à 29 %. Ce constat indique que les fonds spéculatifs sont de plus en plus considérés par les investisseurs comme des outils permettant de stabiliser leur portefeuille plutôt que de maximiser leurs rendements.
- Reprise des positions longues/courtes sur actions
Les positions longues/courtes sur actions ont dépassé les stratégies macroéconomiques en tant que stratégie préférée, malgré les tensions géopolitiques qui restent la principale préoccupation des allocataires. Les stratégies multi-stratégies ont gagné une place pour se hisser à la quatrième position, reflétant l’intérêt continu des acteurs institutionnels.
- L’évolution des CGS
Après plusieurs années de forte croissance, la demande pour les structures CGS (comptes gérés séparément — Separately Managed Accounts (SMA) en anglais) s’est modérée. La proportion d’allocataires exprimant une forte préférence pour les CGS a diminué de moitié, passant de 25 % à 11 %, tandis que la popularité des structures de fonds communs a augmenté de 19 % à 35 %. Ce changement d’opinion reflète peut-être une réévaluation de la complexité opérationnelle et du coût plus élevé des CGS par rapport aux avantages perçus pour tous les investisseurs qui ont répondu à cette enquête.