« Nos services de réclamations et notre service à la clientèle sont sur le pied de guerre », indique Marie Lamontagne, porte-parole de l’assureur SSQ, responsable de l’assurance collective de la municipalité de Lac-Mégantic. Un contrat de 145 000 $ a été attribué à l’assureur du Boulevard Laurier, à Québec, en septembre 2012.
Samedi le 6 juillet, quelques heures après l’explosion meurtrière qui a fait jusqu’à maintenant 15 morts et 60 disparus, ce fût le branle-bas de combat chez SSQ, qui émet également des polices d’assurance pour plusieurs particuliers, « on s’est assurés que tout le monde ait les bons formulaires, nous avons instauré des numéros de téléphone et des boites courriel dédiés exclusivement à la tragédie de Lac-Mégantic », poursuit Marie Lamontagne, selon qui tout est mis en œuvre pour que toutes les demandes, tant celles des conseillers que des clients, soient traitées le plus rapidement possible.
Par ailleurs, des soutiens pour les courtiers et les représentants qui distribuent les produits de SSQ ont été mis en place. « Nous n’avons pas encore reçu de réclamations [pour les polices individuelles], mais nos services de programme d’aide aux employés ont déjà reçu plusieurs demandes. »
Comme assureur collectif de la municipalité, SSQ propose des soutiens médicaux et psychologiques, notamment, aux nombreux intervenants locaux, comme les pompiers et les policiers.
Promutuel
Les bureaux locaux de Promutuel Monts et Rives, situés à moins d’un kilomètre du lieu de la déflagration, sont intacts mais inaccessibles.
« Entretemps, les employés de la Mutuelle ont déjà repris du service et sont en mesure de répondre aux questions des membres-assurés », indique un communiqué du Groupe daté du 8 juillet.
« Dès le samedi matin, nous avons mis en place une cellule de crise pour répondre aux besoins immédiats de nos conseillers et de nos membres-assurés », explique Josée Garneau, porte-parole de la mutuelle.
Promutuel est surtout présent en assurance de dommage dans la région, le portefeuille de placements et d’assurance-vie étant plutôt restreint.
Dans les premières heures, il s’agissait surtout de s’assurer que les conseillers étaient sains et saufs et d’offrir du soutien qui aurait perdu des proches.
Une délégation du siège social était sur place dès le dimanche pour porter assistance aux secours « et pour émettre des chèques d’urgence aux assurés », poursuit Josée Garneau.
Mercredi, Promutuel constate que les « gens commencent à rentrer chez eux et on devrait commencer à recevoir des réclamations ».
Industrielle Alliance
Du côté de l’Industrielle Alliance, qui a également pignon sur rue à Lac-Mégantic, les informations étaient parcellaires au moment d’écrire ces lignes. « Il ne semble pas y avoir eu de problème avec l’agence. Elle n’est pas dans le périmètre affecté », explique Pierre Picard, porte-parole de l’Industrielle Alliance.
« On s’attend à avoir des réclamations, mais pour l’instant on n’a rien reçu », dit-il. Dans l’immédiat, aucune information n’était disponible relativement aux mesures mises en place par l’IA.
Pierre Picard assure cependant que « nos réclamations sont traitées rapidement » et que tous les besoins des conseillers qui traitent avec l’assureur soient comblés rapidement et efficacement.
Les assureurs veulent « faciliter le processus »
L’industrie de l’assurance de personne tentera de faciliter la vie des gens touchés par la catastrophe de Lac-Mégantic soutient Yves Milette, vice-président principal Affaires québécoises à l’Association Canadienne des compagnies d’assurance de personne (ACCAP) . Les premières réclamations en assurance invalidité commencent déjà à être faites et celles concernant les polices d’assurance vie devraient suivre au fur et à mesure que l’enquête policière avancera.
« Mercredi, les policiers ont déclaré qu’il y avait 50 personnes de décédées, indique Yves Milette. Le coroner devrait émettre un document qui facilitera la preuve de décès même si aucun corps n’est retrouvé. Ça ne veut pas dire que les gens ne devront pas aller devant les tribunaux pour demander une déclaration de décès, sans laquelle ils devraient attendre près de sept ans, mais ça facilitera le processus.»
L’ACCAP ne croit d’ailleurs pas que les événements auront beaucoup d’influence sur les coûts futurs d’assurance dans la région : « Par exemple, en ce qui concerne l’assurance collective des employés de la municipalité, c’est une catastrophe sur le plan humain, bien sûr, mais il n’y a pas eu 50 employés de la ville de Lac-Mégantic qui sont décédés en même temps, note Yves Milette. Ça ne devrait donc pas modifier la tarification des primes d’assurance collective des employés de la ville dans le futur.»
Chez les employeurs, les choses pourraient être un peu différentes. En effet, si un employeur de la région avait perdu tous ses employés dans l’accident, il pourrait voir les coûts de l’assurance collective de ses employés changer puisque la prime est établie en fonction de l’expérience du groupe d’assuré.
En assurance individuelle, puisque la tarification est garantie et fixe pour toute la durée du contrat, il n’y aura aucun changement pour les polices en vigueur. Yves Milette rappelle qu’il n’y a pas de tarification régionale en assurance individuelle et que, pour les gens qui ne seraient pas assurés et qui souhaiteraient acheter une police dans le futur, les coûts ne changeront donc pas non plus.
Avec Léonie Laflamme-Savoie.
Photo : www.spiq.ca