finance durable | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/finance-durable/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Tue, 30 Jun 2026 13:39:24 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png finance durable | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/finance-durable/ 32 32 Comment parler ESG avec les clients https://www.finance-investissement.com/fi-releve/comment-parler-esg-avec-ses-clients/ Tue, 23 Jun 2026 11:08:56 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114441 DÉVELOPPEMENT — Repérer les causes qui leur tiennent à cœur.

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Les conseillers hésitent encore à aborder le sujet des placements intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), même si les investisseurs souhaitent de plus en plus en discuter. Comment aborder cette conversation parfois délicate, où s’entrecroisent valeurs personnelles, choix de produits et attentes de rendements ?

Commencer par les valeurs

Pour Annie Laliberté, représentante en épargne collective chez De Champlain Groupe financier, toute conversation sur l’ESG devrait commencer par une clarification des concepts : investissement responsable, durable, d’impact ou ESG. Selon elle, la multiplication des termes entretient souvent la confusion.

« Il y a beaucoup d’incompréhension sur ce que veut dire l’investissement durable. Il y a tellement de vocabulaire différent. Ce n’est pas toujours clair pour le client », constate-t-elle, rencontrée en marge du 6e Sommet de la finance durable à Montréal.

Les connaissances des investisseurs sur le sujet sont très variables. Certains ont déjà réfléchi aux enjeux. D’autres découvrent tout juste le sujet. Avant même d’évoquer un fonds ou des solutions d’investissement, il importe donc de cerner les causes qui leur tiennent à cœur.

Les préoccupations environnementales dominent souvent les échanges, en particulier chez les familles préoccupées par les conséquences des changements climatiques pour les générations futures, précise la conseillère. D’autres investisseurs accordent plus d’importance à la gouvernance d’entreprise, aux droits de la personne ou aux questions sociales. « Lancer la discussion sur le sujet peut amener les clients à réfléchir sur leurs propres valeurs et ce qu’ils veulent réellement avoir dans leur portefeuille », soutient Annie Laliberté.

Pour Sébastien Saint-Hilaire, gestionnaire de portefeuille chez Valeurs mobilières Desjardins (VMD) et curateur ESG, qui participait à une table ronde sur le sujet, ces préférences devraient faire partie du processus de découverte du client, au même titre que l’horizon de placement, la tolérance au risque et les objectifs financiers.

Il utilise notamment des questionnaires pour mesurer l’intérêt des clients à l’égard des enjeux de durabilité. « Plus la discussion est amorcée tôt, estime-t-il, plus il est facile de construire une stratégie alignée avec leurs attentes. »

Deux clients intéressés par l’investissement responsable peuvent toutefois avoir des attentes très différentes, signale pour sa part Noah Dueck, conseiller en gestion de patrimoine chez Valeurs mobilières Peak.

Certains souhaitent exclure des secteurs entiers, comme les produits pétroliers, tandis que d’autres préfèrent soutenir des entreprises engagées dans une démarche de transition énergétique. Les uns recherchent un impact concret et mesurable, pendant que les autres souhaitent simplement intégrer davantage de considérations ESG à leur portefeuille sans modifier radicalement leur stratégie d’investissement.

« Il y a plusieurs aspects à la durabilité », résume-t-il. « Il faut comprendre ce que le client entend par investissement responsable avant de lui proposer une solution. »

Les conversations sur les valeurs permettent également de développer une relation plus profonde avec les clients, de comprendre leurs motivations et de renforcer le lien de confiance, ajoute Will Fayed, vice-président régional, ventes institutionnelles et comptes nationaux, Québec, chez Placements Mackenzie.

Aller au-delà des étiquettes ESG

Pour Annie Laliberté, les conseillers qui recommandent des produits ESG doivent aller au-delà du marketing. « Il y a énormément de produits. La plus grande question à se poser : est-ce qu’ils répondent vraiment aux besoins des clients? »

La multiplication des fonds ESG au cours des dernières années a contribué à brouiller les repères. La sélection des solutions exige un travail d’analyse rigoureux. Les conseillers doivent comprendre ce qui se trouve réellement sous le capot : la philosophie d’investissement du gestionnaire, les critères utilisés, les exclusions appliquées ainsi que les mécanismes de sélection des titres. « Il faut creuser un peu plus loin », affirme-t-elle.

Sébastien Saint-Hilaire accorde une attention particulière aux données et aux indicateurs permettant de mesurer les résultats des portefeuilles ESG. Avant de recommander une stratégie ESG, il examine notamment la performance extra-financière, les méthodologies utilisées et la qualité de la divulgation. « Ce n’est pas l’étiquette ESG d’un produit qui compte, mais la capacité du gestionnaire à démontrer concrètement ses résultats », insiste-t-il.

Parler rendement sans promettre la lune

La question du rendement demeure l’une des préoccupations des investisseurs lorsqu’il est question d’investissement responsable. Annie Laliberté considère que l’idée selon laquelle les placements ESG impliquent un sacrifice financier est de moins en moins fondée. Certaines stratégies peuvent connaître des périodes de sous-performance, notamment lorsque des secteurs exclus traversent des cycles favorables. Toutefois, des portefeuilles bien construits peuvent, selon elle, générer des rendements comparables à ceux des approches traditionnelles sur le long terme.

Noah Dueck prépare les clients à cette réalité dès le départ. « Présenter l’investissement responsable comme une stratégie qui surperformera constamment les marchés risque de créer des attentes irréalistes chez les clients », prévient-il.

Sébastien Saint-Hilaire va plus loin. Présenter un produit comme responsable sans en préciser clairement les limites dès le départ risque, selon lui, de nuire à la crédibilité de l’ensemble du secteur.

« Les retombées environnementales, sociales ou sociétales constituent souvent les résultats les plus tangibles de ce type d’investissement », précise-t-il. Selon son expérience, pour plusieurs investisseurs qui choisissent des solutions responsables, le rendement financier n’est souvent qu’une partie de l’équation.

Mettre en valeur l’impact

Communiquer régulièrement les résultats extra-financiers des portefeuilles permet de rendre l’investissement responsable plus concret et d’illustrer l’impact des placements sur des enjeux comme la réduction des émissions de carbone, les pratiques de gouvernance ou les conditions de travail au sein des entreprises détenues en portefeuille.

Cette mise en perspective aide les investisseurs à maintenir une vision de long terme, même lorsque certains secteurs traversent des périodes plus difficiles sur les marchés.

« Ce qui augmente réellement, ce n’est pas nécessairement l’adhésion à l’investissement responsable, mais plutôt la curiosité à son égard », observe Sébastien Saint-Hilaire. Il estime que les conseillers ont un rôle d’éducation à jouer auprès des clients pour expliquer les différentes approches, démystifier le vocabulaire et présenter clairement les limites des stratégies proposées.

L’authenticité est également essentielle, ajoute Will Fayed. « Les clients doivent sentir que les recommandations reposent sur une démarche sérieuse et cohérente, et non sur un simple argument marketing (greenwashing). » L’objectif n’est pas de convaincre à tout prix les clients d’adopter une stratégie ESG, mais de leur donner les outils nécessaires pour prendre une décision, sans porter de jugement.

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PGEQ : 10 ans à propulser la relève financière québécoise https://www.finance-investissement.com/nouvelles/pgeq-10-ans-a-propulser-la-releve-financiere-quebecoise/ Mon, 15 Jun 2026 12:04:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114444 Le programme a contribué à l’essor de 26 gestionnaires émergents et à la diversification de l’industrie québécoise de la gestion d’actifs.

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C’est sous le ciel de la métropole, sur la terrasse Ciel Ouvert, située sur l’esplanade de la Place Ville-Marie, qu’une partie du gratin de la finance québécoise s’est rassemblée le 9 juin pour célébrer le 10e anniversaire du Programme des gestionnaires en émergence du Québec (PGEQ). Dix ans après sa création sous l’impulsion de Finance Montréal, l’ambiance était autant à la fête qu’au bilan pour cet incubateur unique au Canada, devenu en une décennie la rampe de lancement du talent financier québécois.

En amont des festivités, Finance et Investissement s’est entretenu avec Caroline Bergeron, directrice principale ESG et solutions d’impact et cheffe du développement des affaires Canada, chez Innocap, firme technologique et financière spécialisée dans la gestion de structures d’investissement et la gestion des risques. C’est Innocap qui est responsable du volet technique et opérationnel du PGEQ.

Présente depuis les touts débuts, Caroline Bergeron supervise l’ensemble du groupe qui chapeaute le volet investissement du PGEQ et la création de nouveaux projets. Elle a rappelé la genèse du programme, dont l’idée initiale est venue de Vital Proulx (Priori-T Capital) et de Stéphane Corriveau (AlphaFixe) [qualifiés de « pères fondateurs »] lors d’un chantier sur l’entrepreneuriat organisé par Finance Montréal.

Les deux ont d’ailleurs rappelé au parterre d’invités que l’idée était en somme de « redonner au suivant en contribuant à la création d’une initiative qui allait offrir aux nouvelles firmes de gestion québécoises l’occasion de démontrer leur savoir-faire. »

« Ils cherchaient un moyen de connecter les investisseurs institutionnels avec les gestionnaires de portefeuille émergents », explique Caroline Bergeron. Cette dernière soutient qu’à l’époque l’un des objectifs était aussi de freiner la fuite des capitaux (et des cerveaux) vers Toronto ou New York en offrant aux talents locaux une structure crédible pour obtenir des mandats d’investisseurs d’ici.

« Une fois le concept établi, ils ont sollicité Innocap pour concevoir, structurer et opérer la plateforme, compte tenu de notre expertise auprès des investisseurs institutionnels. » Innocap agit donc comme le bras technique et opérationnel de tout le programme depuis le jour un. « On assure la gestion de portefeuille et la direction des opérations du fonds, puis délègue les activités de gestion aux 12 gestionnaires émergents actuellement actifs sur la plateforme. ».

Une décennie de résultats probants

Le PGEQ, seul programme du genre au Canada, a aujourd’hui dépassé les 600 millions $ d’actifs sous gestion. « Nous sommes très fiers du chemin parcouru, surtout que nous avons commencé avec 250 millions », souligne la directrice qui évoque aussi une croissance moyenne des actifs de plus de 225 % pour les firmes après leur sélection.

Elle précise qu’ils entendent poursuivre cette croissance, laquelle a eu droit à un sérieux coup de pouce de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). En 2023 celle-ci a annoncé un engagement à injecter entre 50 et 100 millions de dollars (M$) par année sur une période de cinq ans, ce qui représente un apport additionnel total de 250 à 500 millions de dollars dans le PGEQ.

Caroline Bergeron préfère éviter d’utiliser les mots « soutenir ou supporter » quand il est question de l’apport de leurs partenaires. « Au fond il ne s’agit pas de charité, ce sont de réels investissements basés sur la performance et la compétence de ces gestionnaires. » Elle reconnaît cependant que l’engagement de la Caisse a été capital. « Il a permis d’institutionnaliser le programme et de l’amener à un autre niveau. »

Odrée Ducharme, présidente du conseil d’administration du PGEQ, et première directrice, stratégie et exécution, Fonds d’investissement et gestion externe, à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), évoque un bilan éclatant du programme : « 26 gestionnaires ont été propulsés grâce au PGEQ, ce n’est pas rien. »  Le programme a aussi permis, selon elle, de lancer une grande variété de stratégies, « tant des stratégies traditionnelles et fondamentales d’actions et d’obligations que des stratégies alternatives, de crédit opportuniste, long/court actions et quantitatives. »

Quant au renouvellement de l’engagement financier (jusqu’à 500 M$) de la Caisse dans cette pépinière de talents locaux, la présidente du C.A. affirme que son organisation a fait, il y a trois ans, le constat que — malgré de très belles avancées —, elle souhaitait voir le programme « aller au prochain niveau et intégrer les meilleures pratiques de programmes de gestionnaires émergents que l’on voit dans le monde. »

« On voulait renforcer la gouvernance, avec un C.A. composé de profils diversifiés (entrepreneurs, investisseurs, experts de l’industrie), des comités d’investissement resserrés et composés d’une majorité d’investisseurs, mais aussi un meilleur alignement des intérêts avec les gestionnaires », a expliqué la première directrice à la CDPQ. Selon elle, des mandats d’au moins 50 M$ aux gestionnaires leur permettraient de s’approcher plus rapidement d’une taille minimale pour intéresser les investisseurs institutionnels.

« En donnant des mandats à des gestionnaires émergents, on souhaite agir comme un catalyseur de la croissance, de l’innovation, ce qui se traduira par des rendements pour les investisseurs. »

Outre la Caisse, l’engagement des autres grands allocateurs, comme le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction, « trois investisseurs qui soutiennent le PGEQ depuis ses débuts », se porte fort bien selon Caroline Bergeron. « Presque tous nos investisseurs d’origine sont encore actifs autour de la table. Ils investissent leurs capitaux, mais accordent aussi beaucoup de temps. »

L’angle ESG

Pour pallier l’absence d’équipes dédiées aux critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) au sein des petites firmes, Innocap déploie un accompagnement structuré. « Notre organisation perçoit son implication au sein du PGEQ non seulement comme un investissement financier, mais également comme le vecteur d’un impact social direct sur l’écosystème local de la gestion d’actifs au Québec », explique Caroline Bergeron. Son équipe réalise ainsi une revue ESG approfondie auprès de chaque firme du protocole PGEQ.

« Un volet ESG est systématiquement intégré à nos appels de suivi opérationnel et d’investissement. Les petites structures se révèlent souvent agiles et innovantes ; elles intègrent parfois ces processus plus rapidement que de grandes organisations. »

Leur équipe optimise aussi l’accès aux pratiques de finance durable grâce à la mutualisation des ressources. « Une collaboration clé avec la firme d’engagement actionnarial Aequo a permis de répartir collectivement les honoraires professionnels entre toutes les entités du PGEQ ». Ce levier financier offre à chaque gestionnaire la capacité concrète de « mener des actions d’engagement actionnarial auprès des entreprises qu’elles détiennent », une démarche d’envergure qui, selon la directrice principale, s’avèrerait autrement financièrement inaccessible pour une petite firme de gestion isolée.

Firme Nymbus : une belle réussite

L’une des belles histoires de réussite du PGEQ est celle de Nymbus, qui s’apprête à graduer du programme, aux dires de Caroline Bergeron et de plusieurs autres intervenants. « C’était une toute petite firme à leurs débuts au PGEQ, et nous les avons vus évoluer, faire des acquisitions, embaucher et développer de nouveaux produits jusqu’à devenir un joueur établi au Québec. »

Gabriel Cefalconi, co-fondateur (avec Marc Rivet) et chef des placements chez Nymbus, parle maintenant d’un « Nymbus 2.0 », soit d’un avant et d’un après PGEQ. « Le programme a tout changé pour nous. Après un processus de près de deux ans, nous avons décroché notre premier mandat institutionnel externe de 25 millions de dollars au début de l’année 2019. C’est ce mandat qui a ouvert les vannes et propulsé la croissance de la firme. »

L’histoire de cette firme est née en 2014 sous la forme d’un projet de recherche. « L’objectif était de systématiser le processus de gestion en revenu fixe en y intégrant des modules d’intelligence artificielle », a rappelé Gabriel Cefalconi. Les trois premières années ont été financièrement difficiles pour la firme puisqu’elle gérait uniquement son propre capital interne ainsi que celui de quelques clients privés.

« Même si nous pensions être bien organisés, le programme nous a poussés à formaliser et documenter rigoureusement l’ensemble de nos procédures de conformité légale, opérationnelle, informatique et de cybersécurité. »

Le PGEQ leur a apporté ce précieux « sceau d’approbation » opérationnel. « En finance, l’investissement repose sur une relation de confiance, souligne le chef des placements chez Nymbus. Notre approche est très technique : nous sommes d’abord perçus comme une firme de technologie appliquée à la finance, où les décisions de portefeuille sont prises par des systèmes informatiques et non par des humains. Il fallait donc bâtir une confiance envers nos systèmes. »

De 1 million à 1,7 milliards d’actifs sous gestion

Avant leur premier mandat en 2019, Nymbus gérait entre 1 et 10 M$. Après l’impulsion initiale du PGEQ, la firme a réalisé une acquisition qui a gonflé ses actifs sous gestion à 200 M$. « Le bouche-à-oreille et la solidité de nos performances — qui se situent dans le premier quartile au Canada — ont ensuite accéléré les discussions directes. »

Ils ont par la suite obtenu des mandats directs avec des institutions publiques (comme le fonds de la FMOQ [Fédération des médecins omnipraticiens du Québec] et le fonds d’action Bâtirente). Aujourd’hui, la firme gère environ 1,7 milliard de dollars et leur équipe est passée de 2 à 16 personnes. En février 2026, Nymbus a remporté la catégorie Sociétés de gestion indépendante lors du Top des leaders de l’industrie financière organisé par Finance et Investissement.

Le PGEQ a créé un écosystème unique selon Gabriel Cefalconi. « En combinant le PGEQ (côté investisseurs) et le Conseil des gestionnaires en émergence (CGE, côté formation et mentorat), les gestionnaires apprennent non seulement à faire de la gestion de portefeuille, mais aussi à devenir de bons entrepreneurs. »

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Un premier pas pour structurer la finance durable au Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/un-premier-pas-pour-structurer-la-finance-durable-au-canada/ Fri, 17 Apr 2026 10:09:38 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113353 Avec la mise en place du Conseil de la taxonomie et de la transition.

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Le Canada se dote d’un nouvel outil pour encadrer le développement de la finance durable avec la création du Conseil de la taxonomie et de la transition (CTT), une initiative du gouvernement fédéral.

Cette nouvelle instance aura pour mandat de définir un cadre de référence national pour l’investissement durable au pays. Il supervisera notamment l’élaboration d’une taxonomie canadienne de la finance durable, un outil qui établira, sur des bases scientifiques, des critères clairs dans un langage commun pour qualifier les activités économiques « vertes » ou « de transition ». L’objectif : offrir un cadre crédible aux investisseurs, aux prêteurs et aux entreprises. Le conseil pilotera également la création de lignes directrices pour encadrer la planification de la transition climatique des entreprises.

La première équipe dirigeante du CTT a été nommée par un comité indépendant dirigé par Kathy Bardswick, qui préside également le conseil d’administration du Conseil d’action en matière de finance durable (CAFD).

Dans un communiqué, elle souligne que la diversité des expertises réunies contribuera à faire avancer l’élaboration de normes canadiennes crédibles en matière d’investissement durable et de planification de la transition, « dans un contexte où ces outils deviennent déterminants pour la compétitivité économique ».

Une vétérante de la gestion des fonds de pension présidente

Marlene Puffer est nommée à la présidence de l’organisation. La vétérante de la gestion de fonds de pension et ancienne PDG de la division investissements du CN estime que le Canada doit envoyer des signaux clairs aux marchés financiers pour demeurer attractif dans un contexte de transition climatique. « Le Canada a besoin d’outils crédibles et harmonisés à l’échelle internationale […] pour mobiliser des capitaux privés pour nos entreprises, nos collectivités et nos priorités nationales », a-t-elle signalé.

Elle sera secondée par Jamey Hubbs, ancien vice-surintendant du Bureau du surintendant des institutions financières (BISF), nommé vice-président. Geneviève Morin, ancienne PDG de Fondaction, et Scott Munro, chef de la direction du Conseil de gestion financière des Premières Nations, siégeront à titre de membres indépendants.

Les travaux seront soutenus par deux comités consultatifs. Le comité consultatif financier est présidé par Barb Zvan, PDG du Régime de retraite universitaire de l’Ontario, accompagnée de Bertrand Millot, Sarah Thompson et Chad Park. Le comité consultatif technique est dirigé par Aaron Cosbey, président de Small World Sustainability Consulting, appuyé par Bentley Allan, Simon Donner et Kathryn Harrison.

Des représentants de régulateurs et d’instances internationales participeront également aux travaux à titre d’observateurs, dont Peter Routledge (surintendant du BISF), Yves Ouellet (PDG de l’Autorité des marchés financiers) et Wendy Berman (présidente du Conseil canadien des normes d’information sur la durabilité).

Le comité consultatif international sera présidé par Elodie Feller, de l’Initiative Financière du Programme des Nations Unies pour l’Environnement.

Le CTT est l’aboutissement de cinq ans de travaux. En 2022, un rapport du CAFD pose les premières bases. En 2025, le budget fédéral annonce un financement de démarrage de deux ans (d’un montant non précisé) confié à l’Institut climatique du Canada et au Parcours des entreprises de demain pour bâtir la structure de gouvernance qui donnera naissance au CTT.

Selon le Parcours des entreprises de demain, plus de 60 taxonomies de finance durable sont utilisées ou en cours d’élaboration dans le monde. Or, les pays dotés de taxonomies sont mieux positionnés pour identifier les risques et les opportunités climatiques, renforcer la transparence des marchés et attirer des capitaux mondiaux, rapporte Smart Prosperity Institute.

Cela représente un enjeu de taille : à terme, le Canada devra attirer environ 115 milliards de dollars (G$) supplémentaires par année pour répondre aux besoins liés à la transition vers une économie à faibles émissions de carbone dans la course mondiale aux investissements durables. Dans le même temps, le volume mondial d’actifs liés au développement durable pourrait dépasser 35 000 G$ US d’ici 2034, intensifiant la concurrence entre les pays pour capter ces capitaux.

Des critères d’investissement vert et de transition doivent être déterminés d’ici la fin de 2027 pour six secteurs canadiens prioritaires: l’électricité, l’immobilier, les transports, le secteur manufacturier, les ressources naturelles et les technologies extractives. L’usage de la taxonomie sera dans un premier temps volontaire.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte où les risques climatiques occupent une place croissante dans les décisions d’investissement. Selon une enquête menée en 2025 par FTSE Russell auprès de propriétaires d’actifs à l’échelle mondiale, 85 % considèrent ces risques comme une préoccupation majeure.

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L’ASFI publie des orientations pour l’émission d’instruments de dette alignés sur la taxonomie durable https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/lasfi-publie-des-orientations-pour-lemission-dinstruments-de-dette-alignes-sur-la-taxonomie-durable/ Tue, 07 Apr 2026 10:56:43 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113186 PLANÈTE FINANCE - Des lignes directrices volontaires visant à faciliter le financement dans un marché en croissance.

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L’Australian Sustainable Finance Institute (ASFI) a publié de nouvelles orientations destinées à soutenir l’application concrète de la taxonomie de la finance durable du pays sur les marchés de la dette.

Ces lignes directrices volontaires visent à encadrer l’émission d’instruments de dette fondés sur l’utilisation des fonds, tels que les obligations vertes ou les obligations de transition. Elles ont été élaborées par des représentants :

  • du Trésor australien (Australian Treasury),
  • du Trésor néo-zélandais (New Zealand Treasury),
  • de l’Australian Office of Financial Management
  • et des gestionnaires de la dette souveraine et quasi souveraine de l’Australie.

Plus précisément, ces orientations visent à clarifier la terminologie, les attentes en matière de divulgation et les critères techniques de sélection, afin que les capitaux soient orientés de manière cohérente vers des activités contribuant à l’atténuation des changements climatiques.

« Au cours des 12 derniers mois, l’Australie a franchi une étape importante en matière de finance durable. Nous avons lancé une taxonomie qui reflète la structure de notre économie — incluant des critères techniques de sélection pour des secteurs difficiles à décarboner comme l’exploitation minière et l’agriculture — et testé son application avec 11 des plus grandes institutions financières du pays », explique Kristy Graham, cheffe de la direction de l’ASFI, dans un communiqué.

« Ce travail a posé les bases. La priorité consiste désormais à veiller à ce que la taxonomie puisse être utilisée en toute confiance dans des opérations de financement concrètes, et à renforcer les capacités à l’échelle du système financier afin que davantage de capitaux soient dirigés vers des activités durables. »

Les émissions de dette durable en Australie ont atteint 53,8 milliards de dollars américains (G$ US) en 2025, soit une hausse annuelle de 11 % et une « dynamique soutenue » dans ce domaine, malgré des « conditions mondiales plus faibles », rapporte l’ASFI.

Nicole Yazbek-Martin, directrice exécutive à l’ASFI, estime que ces orientations contribueront à garantir que ces instruments de dette « soient alignés sur des définitions crédibles de la durabilité » à l’avenir.

Elles seront officiellement lancées à Sydney lors d’un événement coorganisé par l’ASFI et Moody’s Ratings, qui participe au projet pilote de mise en œuvre de la taxonomie australienne. D’autres documents de soutien liés à la taxonomie devraient être publiés par l’institut plus tard cette année.

Comme indiqué précédemment, l’Australie a « pris de vitesse le Canada » en matière de taxonomie de la finance durable, en s’inspirant du Taxonomy Roadmap Report de 2022, produit par le Conseil d’action en matière de finance durable du Canada, pour lancer sa propre taxonomie en juin 2025.

Cependant, le gouvernement du Canada a affirmé poursuivre ses efforts pour établir une taxonomie de la finance durable. En décembre, il a choisi l’Institut climatique du Canada pour diriger l’élaboration de cette taxonomie, qui aidera les investisseurs, les prêteurs et les autres parties prenantes à identifier les investissements « verts » et « de transition » respectueux de l’environnement et compatibles avec l’objectif du Canada d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

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ESG : rendre compte de ses actions à l’ère de l’IA https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/esg-rendre-compte-de-ses-actions-a-lere-de-lia/ Wed, 01 Apr 2026 10:10:53 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113119 Divulguer ses propres données ESG est plus important que jamais.

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Pour les entreprises, l’enjeu n’est plus seulement de poser des actions durables, mais de les documenter avec rigueur, cohérence et crédibilité, avant que d’autres ne le fassent à leur place.

À l’heure où les investisseurs institutionnels utilisent massivement l’intelligence artificielle (IA) pour analyser les entreprises, évaluer les risques et anticiper les transformations sectorielles, garder le silence sur le sujet est devenu un risque en soi, a signalé Milla Craig, fondatrice et PDG de Millani, lors du concours du meilleur rapport de durabilité de Finance Montréal, présenté le 17 mars.

« Si une entreprise ne raconte pas son histoire, les algorithmes le feront à sa place. Et probablement d’une mauvaise façon », a signalé la dirigeante de la firme montréalaise, qui analyse depuis une dizaine d’années les rapports de durabilité des entreprises cotées à la Bourse de Toronto.

L’IA lit les rapports avant les investisseurs

Selon la firme, les investisseurs institutionnels canadiens utilisent déjà massivement l’IA pour analyser les entreprises, évaluer les risques et anticiper les transformations sectorielles. Ils s’intéressent notamment à la capacité des entreprises à s’adapter à cette technologie ou à y résister.

Ce changement a des conséquences concrètes : les équipes de relations avec les investisseurs doivent consacrer davantage de temps à répondre aux questions générées par ces outils, sujets à des « hallucinations ».

Or, seulement 24 % des entreprises du TSX-60 disposent d’une expertise en IA au sein de leur conseil d’administration, selon la firme. Les politiques internes, lorsqu’elles existent, restent souvent peu divulguées. Ce manque de transparence laisse le champ libre aux algorithmes pour combler les vides, pas toujours avec justesse.

L’environnement ESG se transforme

La pression sur les divulgations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) augmente, tandis que les priorités ESG évoluent rapidement. Depuis 2023, les discussions chez les investisseurs institutionnels canadiens ne tournent plus uniquement autour du climat. Elles sont désormais dominées par la volatilité, l’inflation et les tensions géopolitiques. « L’ESG n’est plus isolé du reste », résume Milla Craig.

L’experte place la gouvernance de l’IA au premier rang des sujets à surveiller. « Quand on commence à penser aux divulgations autour de l’ESG, on doit vraiment réfléchir à l’impact de l’intelligence artificielle sur les investisseurs », indique-t-elle.

Le « E » d’environnement déborde et englobe désormais l’interdépendance de l’économie et de l’énergie. La sécurité nationale, la souveraineté autochtone et arctique, et même la défense, font leur entrée dans les considérations des investisseurs. Sur le plan social, les enjeux d’abordabilité gagnent en visibilité.

Quant à la gouvernance, elle accueille un nouveau sujet : la gouvernance de l’IA, qui a dépassé celle des conseils d’administration dans les priorités des investisseurs dès 2025.

La réglementation n’a pas fait taire les entreprises

Contrairement aux attentes, l’adoption de la loi C-59 contre l’écoblanchiment, identifiée comme le facteur réglementaire le plus influent selon les investisseurs institutionnels, n’a pas entraîné de recul important des divulgations. En 2024, seulement 3 % des entreprises du TSX avaient complètement retiré leurs communications ESG selon une étude de Millani. Le niveau de divulgation est globalement resté supérieur à celui de 2022 et 2023.

Milla Craig observe par ailleurs une adoption croissante des normes IFRS (International Financial Reporting Standards) en matière de durabilité, signe que les pratiques se structurent. Et malgré les incertitudes, 72 % des entreprises du TSX n’ont pas modifié leurs objectifs climatiques, 12 % les ont même renforcés.

Un phénomène inquiétant se dessine toutefois en coulisses : un silence croissant chez les investisseurs eux-mêmes. De moins en moins d’entre eux s’expriment publiquement ou prennent position sur l’ESG, par crainte d’être critiqués ou mal interprétés, indique Milla Craig. Selon elle, c’est à ce niveau que réside le véritable risque : non pas dans l’excès de communication, mais dans l’inaction et le manque de transparence.

L’affaire de toute l’entreprise

Autre grande tendance : l’ESG s’institutionnalise. L’ESG ne relève plus uniquement d’équipes spécialisées, révèlent des entretiens menés par Millani auprès de 36 investisseurs institutionnels canadiens. Il mobilise désormais l’ensemble des fonctions, de la finance à la gestion des risques, en passant par l’audit, la communication et la gouvernance.

Le mouvement de recul contre l’ESG, particulièrement marqué aux États-Unis, a produit l’effet inverse de celui escompté, observe Milla Craig, et a plutôt accéléré l’institutionnalisation de l’ESG chez les investisseurs canadiens.

Selon une étude de Millani publiée en février dernier, basée sur des entretiens menés auprès de 36 investisseurs institutionnels représentant 10,3 billions de dollars d’actifs sous gestion, 97 % des répondants confirment maintenir un niveau élevé d’engagement continu envers l’ESG.

Comme le résume un investisseur cité dans le rapport : « la phase qui s’amorce est celle de la normalisation ». Les discussions sur l’ESG sont devenues plus transversales et plus structurées, modifiant la nature de ce qu’on attend d’un rapport de durabilité. D’un exercice de communication avec de belles photos, il devient un outil stratégique à part entière pour convaincre les investisseurs, indique Milla Craig.

Ce que les meilleurs rapports ont en commun

Dans le cadre du concours des meilleurs rapports de durabilité, BMO a remporté le premier prix dans la catégorie des institutions bancaires, notamment pour ses indicateurs d’analyse du carbone. La TD se classe au deuxième rang, saluée entre autres pour la transparence de ses objectifs, suivie par RBC.

Dans le secteur financier non bancaire, La Caisse a dominé le classement pour la clarté et la structure de son rapport, ainsi que pour la pertinence de ses indicateurs de gouvernance, suivie de Manuvie, distinguée entre autres pour l’influence accordée aux investisseurs, et d’Investissements PSP, remarqué pour son volet social : rétention des talents, bien être des employés, rémunération des dirigeants et alignement des incitatifs des cadres avec les objectifs organisationnels.

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Mageska sélectionnée par le PGEQ https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/mageska-selectionnee-par-le-pgeq/ Tue, 16 Dec 2025 12:07:27 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111453 Pour une allocation de 50 M$ à la stratégie durable EcoVision.

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Le Programme des gestionnaires en émergence du Québec (PGEQ) a sélectionné Mageska Capital pour un mandat de 50 millions de dollars alloué à sa stratégie Mageska EcoVision.

Cette stratégie d’actions mondiales durables vise à générer des rendements compétitifs tout en soutenant la transition vers une économie sobre en carbone.

« Ce mandat vient reconnaître la rigueur, l’innovation et la vision à long terme qui animent notre équipe. Avec EcoVision, nous démontrons qu’il est possible d’investir dans la transition bas carbone sans sacrifier le rendement », a souligné Roberto Marrocco, co-fondateur et chef des investissements de Mageska Capital.

Une stratégie axée sur la décarbonation

La stratégie EcoVision cible des entreprises dont les produits et services répondent aux occasions liées à la décarbonation de l’économie mondiale, notamment la transition énergétique, la protection du capital naturel et l’économie circulaire.

Fondée en 2022 par Roberto Marrocco et Jacques Larivière, la firme mise sur une approche systématique qui combine expertise humaine et technologie de pointe. Les titres en portefeuille sont sélectionnés dans un bassin de sociétés cotées à l’échelle mondiale, en collaboration avec Sustainable Market Strategies (SMS). Mageska utilise également M-LAB, un outil d’optimisation propriétaire intégrant l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique, pour repérer les tendances de marché et appuyer la prise de décisions.

Pour Isabel Trépanier, directrice de la Gestion des programmes PGEQ et Investi, la collaboration illustre la volonté du programme de soutenir des gestionnaires québécois capables d’intégrer des pratiques responsables, tout en contribuant au dynamisme de la place financière locale.

« Cette étape marque notre engagement à favoriser l’émergence de firmes innovantes et à renforcer l’écosystème financier québécois », a-t-elle ajouté.

Le PGEQ souligne que la firme offrira des stratégies diversifiées et de calibre institutionnel aux investisseurs, afin de générer de l’alpha tout en maximisant l’impact environnemental positif.

Innocap, qui offre le cadre administratif, opérationnel et de gouvernance pour permettre au PGEQ de fonctionner, estime que la sélection de Mageska représente « une étape importante pour favoriser l’émergence de firmes innovantes et consolider l’avenir de la gestion d’actifs au Québec ».

Le PGEQ a été lancé en 2016 pour promouvoir l’entrepreneuriat financier au Québec.

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L’Institut de planification financière dévoile sa feuille de route jusqu’en 2028 https://www.finance-investissement.com/nouvelles/linstitut-de-planification-financiere-devoile-sa-feuille-de-route-jusquen-2028/ Fri, 14 Nov 2025 13:26:43 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111061 Priorité à la reconnaissance de la profession, la formation continue et l’attraction de la relève.

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L’Institut de planification financière (l’Institut) a présenté les grandes orientations de son plan stratégique 2025-2028 lors de son congrès annuel, qui réunissait quelque 340 planificateurs financiers au Château Frontenac à Québec du 12 au 14 novembre. Le plan vise à renforcer la reconnaissance de la profession, à moderniser les pratiques et à attirer une nouvelle génération de conseillers.

La nouvelle présidente-directrice générale, Caroline Champagne, entrée en fonction le 20 octobre, a réitéré en ouverture du congrès son ambition d’augmenter la notoriété et la reconnaissance de la planification financière au Québec.

« L’Institut est déjà solidement établi, mais pour aller plus loin, nous avons besoin de votre soutien, de votre engagement, celui de toute la communauté des planificatrices et des planificateurs financiers. C’est ensemble, en unissant nos forces et nos voix, que nous pourrons faire véritablement rayonner la profession, attirer et inspirer la relève, accroître la visibilité et l’impact de la pratique dans la vie des personnes, des familles et des entrepreneurs québécois », a-t-elle déclaré.

Caroline Champagne a insisté sur le fait que les planificateurs financiers contribuent directement à la prospérité économique et à la réduction du stress financier des citoyens et a souligné l’importance de mieux faire connaître ce rôle auprès du public.

Profession en transformation

Lors du congrès, des experts ont abordé certains changements qui façonnent la profession. L’intelligence artificielle a notamment été présentée non comme une menace, mais comme un outil essentiel pour accompagner la clientèle dans un monde en mutation. L’accompagnement des aînés, les transferts d’entreprises, l’investissement immobilier, la place des femmes, la philanthropie et l’invalidité figuraient parmi les autres sujets traités pendant les deux jours.

Au-delà des aspects techniques, une large place a été consacrée à la dimension humaine de la profession. Nancy Paquet, première vice-présidente à la direction, Gestion de patrimoine à la Banque Nationale, a mis en avant cette dimension relationnelle, reposant « sur la capacité à bâtir la confiance et à aider les clients à se sentir en sécurité dans un monde en mutation rapide ». Cette réalité pousse la profession à « se renouveler et s’outiller pour demeurer pertinente », a-t-elle ajouté.

Quatre orientations stratégiques

Le plan stratégique 2025-2028 a été présenté par Mélanie Beauvais, planificatrice financière chez Bachand Lafleur groupe conseil, qui effectue sa deuxième et dernière année à titre de présidente du conseil d’administration de l’Institut. Ce plan s’articule autour de quatre orientations destinées à bâtir une profession plus forte, mieux reconnue et plus influente.

« Dans un environnement où tout évolue rapidement — les besoins de la clientèle, les outils, les attentes —, nous devons continuer d’innover, d’oser et de faire rayonner notre profession. Nous voulons être prêts pour demain tout en restant fidèles à nos valeurs, à notre engagement envers vous », a-t-elle affirmé.

L’Institut veut augmenter la reconnaissance du titre de planificateur financier , « encore trop peu connu du grand public ». Pour rejoindre la relève, des campagnes de sensibilisation et une présence accrue dans les établissements d’enseignement sont prévues.

L’entrée récente sur le réseau social TikTok, fait partie de la stratégie pour présenter la planification financière à une nouvelle génération « curieuse, connectée et pleine d’ambition ».

L’offre de formation continue sera également enrichie avec de nouveaux contenus sur des sujets tels que la finance durable, les technologies financières et les compétences relationnelles. Un événement annuel supplémentaire, complémentaire au congrès, viendra aussi mobiliser la communauté et stimuler l’innovation.

Pour offrir une expérience comparable à celle des grandes institutions internationales, les procédures d’inscription seront simplifiées, les délais réduits et les services personnalisés. Enfin, la transformation numérique de l’organisation se poursuivra pour la rendre plus agile, performante et inspirante, a signalé Mélanie Beauvais.

Pour chaque orientation stratégique, des objectifs précis et des indicateurs de performance ont été définis. Ils permettront de suivre notamment la progression du nombre de planificateurs financiers, la satisfaction de la clientèle, la diversification des sources de revenus et l’engagement des équipes.

Selon les dirigeantes, ce plan vise à produire un impact tangible sur la profession et sur le bien-être financier des individus, des familles et des collectivités québécoises. Pour incarner cette dynamique, l’organisation fait évoluer ses valeurs : l’enthousiasme laisse place à l’audace. Ce mot, explique Caroline Champagne, « résume l’état d’esprit qui nous anime : imaginer, innover et repousser les limites ».

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Réglementation, IA et finance durable : l’AMF dévoile sa feuille de route 2025-2029 https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/reglementation-ia-et-finance-durable-lamf-devoile-sa-feuille-de-route-2025-2029/ Thu, 12 Jun 2025 11:07:47 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=107962 L’adaptation aux défis technologiques fait partie des préoccupations.

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Renforcer l’expérience consommateur, agir pour un secteur financier dynamique et intègre, et soutenir les talents et la performance organisationnelle : l’Autorité des marchés financiers (AMF) dévoile les priorités de son plan stratégique 2025-2029, dans un contexte de transformation rapide du secteur financier.

« Comme régulateur, notre plus grand défi est de préserver le haut niveau de confiance du public à l’égard du secteur financier québécois », souligne Yves Ouellet, président-directeur général de l’AMF.

Une vigilance accrue face aux risques
Dans un secteur en mutation, les défis s’accumulent :

  • complexité accrue des produits financiers,
  • montée des risques de fraude,
  • impacts des changements climatiques,
  • croissance des marchés privés
  • et développement accéléré de l’intelligence artificielle.

L’AMF entend répondre à ces enjeux en intensifiant ses activités de surveillance et en assurant un meilleur arrimage entre l’évolution du cadre réglementaire et les attentes du marché.

Le plan prévoit une hausse du nombre d’enquêtes menant à des sanctions et un renforcement de la conformité aux standards internationaux.

L’AMF poursuivra aussi son engagement dans les forums nationaux et internationaux pour demeurer à l’avant-garde des meilleures pratiques en matière de gouvernance, de cybersécurité et de finance durable.

Intelligence artificielle et gestion des données
L’innovation technologique constitue un levier central du plan. L’AMF prévoit notamment tripler d’ici 2029 le nombre de projets utilisant l’intelligence artificielle pour soutenir les consommateurs et les institutions financières (passant d’un en 2025 à trois en 2029). L’utilisation stratégique des données fait aussi partie des priorités, avec un objectif de 13 projets par an fondés sur la valorisation des données d’ici 2028-2029.

Cette transformation touche également les modes de prestation de services. L’organisation veut moderniser ses mécanismes d’assistance aux consommateurs, en s’appuyant sur des solutions numériques pour rendre les services plus accessibles et mieux adaptés à l’autonomie financière croissante de la population.

Soutenir les talents et la mobilisation
En matière de gestion organisationnelle, l’AMF se fixe des objectifs clairs pour favoriser le développement des compétences, l’inclusion et la simplification des processus internes.

Face à la rareté des talents dans les domaines de la régulation, de la finance durable et des technologies, l’organisme compte se positionner comme employeur de choix, notamment en misant sur la flexibilité, l’innovation et l’alignement entre les expertises et les besoins stratégiques.

Éducation financière et pratiques commerciales
Le plan accorde une grande place à l’éducation financière, un levier essentiel pour contrer les stratagèmes frauduleux et améliorer l’autonomie des citoyens. L’AMF veut augmenter de 8 % d’ici 2029 le nombre de consommateurs sensibilisés parmi les clientèles ciblées et accroître son taux de notoriété publique. L’organisme entend également veiller à ce que les pratiques commerciales soient mieux alignées avec les intérêts des consommateurs, grâce à une surveillance renforcée et à des mécanismes de plainte plus efficaces.

L’élaboration de ce plan stratégique a impliqué une démarche collaborative avec plusieurs intervenants du secteur financier, des représentants de groupes de consommateurs et de nombreux experts.

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Relève à la présidence du CA de Finance Montréal https://www.finance-investissement.com/nouvelles/developpement-des-affaires/avis-de-nomination-developpement-des-affaires/releve-a-la-presidence-du-ca-de-finance-montreal/ Thu, 05 Jun 2025 10:52:16 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=107827 NOUVELLES DU MONDE — Mathieu Talbot succède à Nicolas Patard.

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Mathieu Talbot, vice-président, Services aux entreprises et Financement corporatif au Mouvement Desjardins, a été nommé président du conseil d’administration de Finance Montréal, la grappe financière du Québec.

Il prend la relève de Nicolas Patard, directeur général et chef, Produits financiers à la Banque Nationale du Canada, qui occupait cette fonction depuis mai 2018. Sous sa présidence, celui-ci a contribué au rayonnement de la grappe financière québécoise, notamment par la création de la Station Fintech Montréal, en décembre 2019, et le développement de l’expertise en finance durable.

Lire également : Québec renouvelle son soutien à Finance Montréal

Nicolas Patard, qui a occupé le poste de président du conseil d’administration pendant sept années consécutives, assurera la transition au cours des 12 prochains mois à titre de président sortant.

« C’est un privilège de prendre la relève du conseil à un moment charnière, alors que la Station Fintech s’apprête à accueillir encore plus de jeunes pousses, et que Montréal se distingue comme la première place financière verte en Amérique du Nord », a déclaré Mathieu Talbot.

Titulaire d’un MBA en finance de l’Université Laval, il a débuté sa carrière chez Banque Nationale Marchés financiers avant de se joindre au Mouvement Desjardins en 2011.

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Transition verte : cinq clés pour relancer la finance durable https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/transition-verte-cinq-cles-pour-relancer-la-finance-durable/ Thu, 22 May 2025 10:50:30 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=107416 SOMMET DE LA FINANCE DURABLE – Quand collaboration rime avec innovation.

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Les reculs politiques et les tensions géopolitiques fragilisent les engagements climatiques. Dans ce contexte incertain, la finance durable doit redoubler d’audace. C’est le message qu’ont livré plusieurs leaders du secteur, dont Geneviève Morin, PDG de Fondaction, lors du Sommet de la finance durable. Voici cinq leviers concrets pour maintenir le cap.

1-Résister aux vents contraires

« On a avancé sur la finance durable et les engagements de décarbonation, mais dès qu’un obstacle politique se présente, tout semble balayé », constate Geneviève Morin. Un exemple : en janvier 2025, six grandes banques canadiennes — BMO, Banque Nationale, CIBC, TD, Scotia et RBC — ont quitté l’Alliance bancaire Net Zéro (NZBA), qui vise à aligner les portefeuilles financiers sur les objectifs de carboneutralité d’ici 2050.

Lire aussi : Retrait des banques de l’Alliance Net Zéro : une stratégie de recul ou de repositionnement ?

Bien qu’un écosystème solide ait vu le jour au cours de la dernière décennie (obligations vertes, fonds à impact, stress tests climatiques, etc.), ces outils sont aujourd’hui remis en question, en partie à cause de reculs politiques aux États-Unis.

« Le danger, c’est de répondre par le repli ou l’indignation. Il faut au contraire regarder la réalité en face », estime Philippe Zaouati, directeur général de Mirova, une filiale de Natixis dédiée à l’investissement responsable.

Même constat au Québec, où le recteur de l’Université Concordia, Graham Carr, dénonce le sous-financement chronique des universités, qui menace la formation de la relève. Il pointe aussi la baisse de 43 % des demandes d’admission d’étudiants internationaux, attribuable à des politiques migratoires restrictives. « Cette perte de talents est un frein majeur à la transition énergétique », souligne-t-il.

2-Repenser la gestion des risques 

Geneviève Morin propose une refonte de la grille d’analyse des modèles d’affaires, qui devraient prioriser le respect des limites planétaires et la réponse aux besoins humains plutôt que la seule rentabilité. Dans ce sens, l’économie circulaire, l’agriculture régénérative et l’économie sociale sont, selon elles, des filières prometteuses.

Elle appelle aussi à réévaluer notre rapport au temps et au risque. « Les pressions pour des rendements à court terme sont incompatibles avec les défis sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face. » Les risques systémiques dans les décisions d’investissement, comme la perte de biodiversité, les inégalités sociales croissantes, les catastrophes climatiques, doivent être intégrés aux décisions d’investissement, au même titre que la volatilité des marchés.

La dimension sociale de la transition ne doit pas être ignorée, notamment pour les travailleurs issus de secteurs en déclin. Pour atteindre cet objectif, Fondaction s’est associé avec le collectif G15+, un regroupement québécois d’organisations qui développe une nouvelle série d’indicateurs de bien-être, comme le traitement des aînés, l’accès à la nature, la santé et l’éducation, afin de guider les décisions d’investissement.

3-Mobiliser l’épargne au service du bien commun

La transition passe aussi par un accès facilité à l’épargne durable. En décembre 2024, Fondaction a conclu une entente avec Bâtirente, spécialisée en produits d’épargne retraite responsables, pour élargir son offre. Objectif : permettre à tout un chacun, et pas seulement aux investisseurs aguerris, de faire fructifier son épargne tout en contribuant à un impact social et environnemental positif.

4-Accélérer la transition énergétique

Dans la transformation du secteur énergétique aussi, les partenariats contribuent à accélérer le mouvement. À Montréal, l’Université Concordia pilote actuellement un projet d’envergure avec Hydro-Québec et Énergir pour électrifier une trentaine de bâtiments du campus Loyola, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Cette initiative bénéficiera aussi au voisinage en période de pointe.

« Ce projet est un véritable laboratoire vivant », précise Graham Carr. Il permet de tester à la fois de nouveaux modèles énergétiques et de financement durable. Car la transition énergétique, rappelle-t-il, n’est pas qu’une question d’ingénierie. Elle repose aussi sur des choix économiques.

5-Innover, collaborer, partager

L’accès à des données ouvertes et comparables est essentiel pour orienter les capitaux vers des projets durables. Mirova collabore avec d’autres gestionnaires d’actifs pour créer des bases de données d’impact accessibles à tous, par exemple pour évaluer les émissions évitées ou les impacts sur la biodiversité.

L’innovation passe également par la création de fonds d’impact, comme le fonds Land Degradation Neutrality (LDN), lancé par Mirova avec Fondaction et la Banque européenne d’investissement. Ce fonds investit dans la gestion durable et la restauration des terres. Un second fonds a vu le jour dans la foulée (Mirova Sustainable Land Fund 2) pour soutenir des projets d’agroforesterie et d’agriculture régénératrice dans les pays en développement.

En parallèle, Mirova a inauguré l’automne dernier un centre de recherche dédié à la finance durable, en partenariat avec l’Université Columbia et l’ENSAE Paris. Ce centre s’attaque à des thèmes négligés par le milieu académique, comme la finance mixte (blended finance).

Philippe Zaouati milite pour une vision élargie de la finance durable. « Elle ne doit pas se cantonner à une niche » dit-il, citant la question du financement de la défense en Europe, qui pose l’enjeu de la souveraineté de manière plus générale. Il invite à dépasser les « postures simplistes » et plaide pour une finance qui ose s’engager dans des domaines complexes sans renier ses valeurs.

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